Un oiseau qui a du flair

On s'entend qu'on ne fera jamais appel à la mésange charbonnière pour renifler les bagages suspects dans les aéroports, mais cette espèce a plus de flair que ce qu'on croyait. En effet, une étude publiée dans Frontiers in Ecology and Evolution par une équipe de chercheurs dont fait partie Linda Nowack, doctorante au Département de biologie et au Centre d'études nordiques de l'Université Laval, démontre que cet oiseau utilise des signaux olfactifs pour guider ses déplacements. 

Pour en faire la démonstration, les chercheurs ont profité du fait que, pendant l'hiver, les mésanges charbonnières – une espèce commune en Europe – fréquentent fidèlement les mangeoires qui sont mises à leur disposition. Les chercheurs ont capturé et marqué individuellement 112 spécimens qu'ils ont ensuite déplacés vers deux sites: le premier était situé à 400 mètres du lieu de capture, et le second à 1500 mètres. Détail important: avant leur libération, la moitié des oiseaux ont été traités avec un produit, une solution de sulfate de zinc, qui supprime leur olfaction pendant deux à sept jours. Les oiseaux du groupe témoin ont été traités avec de l'eau distillée. 

Dans les 11 jours qui ont suivi, 47 des 112 mésanges ont été revues aux mangeoires où elles avaient été capturées. Du nombre, 23 faisaient partie du groupe témoin et 24 faisaient partie du groupe qui avait reçu la solution de sulfate de zinc. «Le blocage temporaire de l'olfaction n'a pas eu d'incidence sur la probabilité que les mésanges retrouvent leur chemin, constate Linda Nowack. Par contre, il a eu un effet sur le temps qu'il a fallu aux mésanges pour revenir aux mangeoires qu'elles fréquentaient.» 

En effet, privées de signaux olfactifs, les mésanges ont pris environ 20% plus de temps pour rentrer du point de libération situé à 400 mètres, et 10% plus de temps pour le site localisé à 1500 mètres. 

«Nos résultats suggèrent que les mésanges charbonnières utilisent non seulement des signaux visuels, mais aussi des signaux olfactifs pour s'orienter lors de déplacements sur de courtes distances, même dans un environnement qui leur est familier», résume Linda Nowack. 

Pour en savoir plus, consultez l'article d'ULaval nouvelles. 

Crédit : Luc Viatour