Conflits entourant les eaux de la rivière Yarmouk : une étude qui suit son cours

Amaury Tilmant, professeur titulaire au Département de génie civil et de génie des eaux, a contribué à une étude s’intéressant au lien entre la surexploitation des ressources hydriques et les conflits au Moyen-Orient.

Dans cette étude intitulée «Quantitative analysis of contested water uses and management in conflict-torn transboundary river basins», Amaury Tilmant et Nicolas Avisse, membre du Centre de recherche sur l'eau / Water Research Centre (CentrEau), ont cherché à identifier les causes expliquant la diminution du débit d’eau de la rivière Yarmouk.

En effet, le bassin de la rivière Yarmouk, qui sillonne la Syrie, la Jordanie et Israël, aurait diminué de 85 % depuis le début des années 60 et ce, malgré les ententes prises par la Syrie et la Jordanie. De son côté, la Jordanie considère que la Syrie a agit à l’encontre d’un entente en construisant plus de barrages que le permettait l’entente, alors que la Syrie jette le blâme sur les changements climatiques.

Entre les facteurs naturels et anthropogéniques, c’est-à-dire de nature sociale, politique et économique créés par l’activité humaine, il devient très difficile pour les experts de déterminer la cause exacte de la baisse de ce débit d’eau, d’autant plus que les pays concernés ne partagent pas les renseignements qui pourraient contribuer à l’avancement de la science.

Dans cette étude quantitative indépendante, les chercheurs ont eu recours à la
L'ensemble des connaissances et des techniques utilisées pour déterminer les caractéristiques de la surface et de l'atmosphère de la Terre ou d'une autre planète, par des mesures effectuées à partir d'un engin spatial évoluant à distance convenable de cette dernière.
ainsi qu’à la simulation multi-agents, soit l’interaction entre les usagers des ressources hydriques, comme les agriculteurs et les municipalités, et leur environnement. On parle ici du milieu physique, économique et législatif dans lequel ces agents évoluent.

Ces méthodes leur ont permis de découvrir qu’un autre facteur était impliqué dans ce changement dans le débit de l’eau: le prélèvement massif des eaux souterraines lié à l’agriculture en Syrie.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à lire l’article publié dans le Journal of Water Resources Planning and Management.

Le professeur Amaury Tilmant a rédigé cet article en collaboration avec David Rosenberg, professeur associé à Utah State University. Samer Ahamd Talozi du Jordan University of Science and Technology a également participé à cette étude.

Nous vous invitons également à lire l'article «Où est passé l'eau de la rivière Yarmouk?» paru sur ULaval nouvelles.

Photo: Daniel Ventura